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Elections législatives en Italie : un pays ingouvernable?

Ça y est, le jour des élections législatives, que les italiens en Italie et dans le monde attendaient comme on attend le Messie, est arrivé mais n’a pas donné les résultats escomptés. Car si ces élections ont permis aux italiens de se « débarrasser » de certaines figures ayant été inutiles, voir néfastes pour la gestion du pays et jugées désormais « persona non grata »  le paysage politique qui s’affiche aujourd’hui sous nos yeux est celui d’une Italie déchirée.

Si la coalition de gauche italienne a, en effet, remporté la victoire à la Chambre des députés, il n’en est pas moins vrai qu’elle n’a pas obtenu la majorité au Sénat, resté sans majorité, condition sine qua non pour la formation d’un Gouvernement stable et opérationnel. Le résultat est que la troisième économie de la zone euro paraît ingouvernable en l’état actuel des choses, et que cette instabilité politique promet au moins plusieurs semaines de volatilité, et complique l’action de la BCE.

Les responsables politiques semblent être d’accord sur le principe d’éviter un nouveau scrutin.

La première réunion des deux nouvelles assemblées est prévue le 15 mars, date à laquelle elles mettront en place les élections de leurs présidents et la négociation de la formation du nouveau gouvernement; le rôle de Giorgio Napolitano, Président de la République, dont le mandat arrive à terme en avril, semble déterminant dans ce processus.

Ce qui est sûr est que le parti M5S (Mouvement 5 Étoiles) crée par l’ex comique Beppe Grillo, devenu homme politique, a crée un bouleversement dans le panorama politique italien tel que nous le connaissions depuis de nombreuses années, en remportant 25.5% des voix et 110 sièges, ce qui fait de lui le grand gagnant du scrutin. Catalyseur du malaise social dans un pays en récession, Beppe Grillo a joué les troublions et séduit les italiens, la crise aidant, avec un programme jugé « populiste » par ses adversaires: arrêt du financement public des partis politiques, réduction du nombre d’élus, référendum sur l’Euro et revenu minimum « de citoyenneté » de 1.000 € par mois pendant 3 ans pour les personnes aux faibles revenus. Sillonnant l’Italie à bord d’un camping-car, Beppe Grillo a été le seul à avoir fait une vraie campagne de terrain; cet homme de 64 ans qui serait à la tête du premier parti du pays (déjà premier en Sicile depuis octobre dernier) malgré des débuts peu prometteurs, que les italiens adorent ou détestent est,  en Italie une sorte de Coluche hurlant sa colère devant des foules d’italiens -de plus en plus jeunes- aussi indignés que lui. Son slogan  « Ni gauche, ni droite: contre la caste politique » a séduit la population excédée.

Aussi inoubliable qu’originale son initiative de créer, le 8 septembre 2007, le « Vaffanculo Day »: une journée lors de laquelle tous les politiques italiens, toute orientation confondue, ont été invités à aller « se faire f…« . Bien que nombre d’italiens reconnaissent que les propos de M. Grillo sont agressifs voire vulgaires, tout le monde s’accorde sur ses prises de position en matière d’écologie, de transparence, de lutte contre la corruption, le rejet de l’austérité et des localisations.

Silvio Berlusconi, qui avait quitté la scène en 2011 en laissant derrière lui une Italie financièrement asphyxiée a -contre toute attente- réussi une remontée spectaculaire grâce à ses promesses de baisse des impôts et de remboursement de l’IMU, une taxe foncière impopulaire rétablie par Monti. Son retour est sans doute du au fait qu’il a du être perçu par une partie des Italiens de droite comme le seul leader encore disponible, dans la mesure où Mario Monti, qui aurait pu assumer ce rôle, n’a pas donné satisfaction, en attaquant durement Berlusconi au début de sa campagne et en s’alliant avec des personnalités d’orientation centriste. Les Italiens de droite qui ont voté « Il Berlusca » l’ont sans doute fait pas défaut, car ils n’ont pas dû se reconnaître en Monti.

Une fois digérée cette nouvelle situation il est temps, pour certains, de s’organiser: ainsi Pier Luigi Bersani, chef du Parti Démocrate (centre-gauche) qui se dit affaibli par les résultats des élections, vient de se faire peu élégamment rejeter après avoir tenté des avances vers le M5S, des « propositions indécentes » selon Beppe Grillo, qui déclare sur son blog que « Le M5S n’accordera aucun vote de confiance au PD  ni à personne d’autre. Il votera en faveur des lois qui reflètent son programme », conformément à son principe de n’accorder sa confiance à aucun gouvernement formé par les partis politiques traditionnels. La réponse du dirigeant du PD s’est limitée à inviter l’ancien humoriste à se rendre dans la nouvelle assemblée pour « assumer ses responsabilités ».

Dans tous les cas une coalition Bersani-Monti-Berlusconi parait utopique car ce ne serait pas une alliance durable. Une nouvelle élection dans quelques mois donnerait lieu au développement annoncé de la ligne défendue par le Mouvement 5 Étoiles « tous pareils, tous pourris »  qui provoquerait à coup sûr un raz-de-marée profitable à M. Grillo.

On voit bien, dans ces résultats, deux Italies en opposition : celle de la caste (comme les Italiens appellent leur classe politique) avec tous les privilèges alloués aux députés, aux sénateurs, mais aussi aux conseillers de régions, de provinces, aux maires, aux membres nommés par les partis politiques des conseils d’administration des sociétés nationalisées ou des société communales, etc. Et il y a l’autre Italie: celle des gens qui souffrent, qui ont des salaires et des retraites très faibles. C’est un peu la faute des Italiens eux-mêmes qui ont tardé à se rendre compte à quel point le système était pervers et lui ont accordé toute leur confiance en misant sur les mauvaises personnes. Leur déception n’en est que plus grande.

Le taux de participation des italiens à ces élections était correct: environ 75% d’électeurs qui ont affirmé, en votant « tous pourris » les électeurs italiens ont rejeté l’ensemble des partis, de gauche comme de droite, en affirmant après plusieurs plans de rigueur ayant plongé le pays dans la récession économique, leur désaccord avec la politique économique d’inspiration allemande, imposée par les marchés. Et à propos de marchés, celui de la dette est sombre. Les taux d’emprunt italiens augmenteraient fortement: le taux à 10 ans était au plus haut depuis novembre dernier, suivi par les taux espagnols.

 

Dans ce climat d’incertitude la Bourse de Milan a chuté de presque 5 %, les marchés étant inquiets par l’incertitude italienne. La Commission Européenne, quant à elle, ne se considère pas inquiète que l’Italie puisse ne pas honorer ses engagements et reconnaît avoir « entendu le message d’inquiétude » des Italiens.

Cet article a été rédigé par Serafina LOGGIA pour Aeditalia. Si vous souhaitez le partager, merci d’en citer la source.

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2 Réponses

  1. L élection Italienne montre tout simplement que le peuple a son mot à dire et que le politique ne peut se prévaloir de l’interet de la nation au détriment de son peuple .Le profit de certains et la corruption vont finir par se payer cher .
    La solution n’est pas évidente et j’espère que l’on ne fera pas comme en GRECE à refaire voter le peuple pour finir par imposer les hommes de BRUXELLES .
    Les efforts demandés sont nécessaires mais plus de temps rendrait le régime plus supportable et la classe politique doit se réformer comme l’EUROPE doit se repenser dans l’esprit de la paix comme initialement mais aussi dans la protection de ses ressortissants car à plusieurs égards ils ont laissé s’introduire le loup dans la bergerie détruisant emplois et favorisant les multinationales .
    GRATIE ! FORZA ITALIA !

    • Merci de ton commentaire Xavier. Oui ce chamboulement était nécessaire, il ne faut pas prendre les gens pour des idiots et les italiens sont loin d’accepter de se laisser faire trop longtemps.

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